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 Le Topic Johnnie To 
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Long Distance Runner
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Message Le Topic Johnnie To
Oui, il manquait un topic Johnnie To et je répare donc cette grossière erreur.

Johnnie To, c'est un peu le mec qui parvient à entretenir la flamme du ciné HK dans ses plus belles heures.

Situé à l'opposé d'un john woo dans sa façon de réaliser (plus calme et plus statique dans ses scènes d'action et un peu moins iconisant) il s'attache à faire vivre sa compagnie de production la Milkyway, depuis environ 12 ans.

Il a donc a son palmarès plus de 45 réalisations et 50 productions en 28 ans de carrière. Ouai, on peut dire qu'il est productif.
Tout n'est pas de qualité, loin de là, mais il s'attache tout de même dernièrement à renouveler quelque peu le ciné HK dans sa forme et son propos.

Quelques critiques français lui ont suffi pour obtenir le grade de "cinéaste respectable" et ainsi accéder à la Cinémathèque française qui lui consacre une rétrospective jusqu'au 11 avril. Ca permet de découvrir un certain nombre de pellicules inédites, certaines à raison tant le public européen n'est pas "prêt" pour voir ces "choses" et souvent à tort puisqu'on y trouve quelques perles de polars furieux et/ou déjantés.
Prod et realisations To se cotoient donc dans un joyeux bordel pendant plus d'un mois et ce sont une 30aine de films au total qui ont l'honneur de la sélection.

Il faut noter qu'il sera aux commandes du remake du Cercle Rouge de Melville avec quelques stars internationales au casting.

Best of Johnnie To :
A hero never dies
The mission
Running out of time
Election 1&2
PTU
Exiled

Un mot sur les films que j'ai pu voir en cette période de "festival" (parfois hors sélection mais sortis à la même époque):

Triangle

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un film construit en cadavre exquis, réalisé par trois maitres du genre : Tsui Hark, Johnnie To et Ringo Lam.

un pur OVNI, forcément inégal, changeant radicalement de ton en cours de route. Mais je me suis laissé embarquer par la rigueur de Hark, les délires fantasmagoriques de Lam et l'humour noir de To.
ça ne plaira pas à tous les publics, d'autant que la débauche de flingues qu'on attend forcément de la part de ce trio n'arrive quasiment jamais. Et ces salauds en jouent dans de nombreuses scènes.

Too many ways to be number 1

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Co réalisé avec Wai Ka Fai, ce film est un délire total, une sorte de Kitano sous acides.
Une petite frappe à le choix entre deux voix pour réussir, devenir trafiquant de bagnole ou tueur. Il va tenter les deux.

En une heure et demie, on a le droit a des bastons filmées à l'envers, des doigts coupés en pagaille, des travellings bizarres, des loosers, de la triade etc

On est parfois à la frontière de la parodie de film mafieu.
Il faut s'accrocher, mais l'expérience vaut le coup d'être vécue.
Mais les occidentaux ne sont pas prêts pour ce genre de chose :)


Mad Detective

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10 ans après, retour du duo Wai Ka fai / Johnnie To, pour un film plus accessible du point de vue formel mais relativement neuf dans le propos.

On suit l'histoire d'un detective atypique qui se met à la place des victimes.
Concrètement, il s'enterre vivant, s'enferme dans une valise avant que son assistant le pousse du haut des escaliers etc. De plus, il a la capacité de littéralement "voir" les différentes personnalités de chacun.

Au programme : scénar à tiroirs, festival de l'acteur principal, humour noir et fin confuse.

On passe un très bon moment avec un film "frais" qui prend son temps, ne canarde pas à tout va et confirme le désir du réalisateur à s'émanciper du ciné HK traditionnel.


Dernière édition par Behemoth le 21 Mar 2008 12:02, édité 4 fois.



21 Mar 2008 11:52
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Il y a un problème avec les images, Behe. ;)

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21 Mar 2008 11:54
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juste la dernière ou les trois?

Edit : A priori c est réparé , merci !


Dernière édition par Behemoth le 21 Mar 2008 12:02, édité 1 fois.



21 Mar 2008 11:56
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Malgré le succès hallucinant de ce topic, je continue avec...

Beyond Hypothermia

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Avec son titre étrange et son affiche hideuse, Beyond Hypothermia partait avec un handicap lourd. Le délit de sale gueule quoi.

Mais le film se traînant une bonne réputation, je ne vais pas louper un inédit HK sur grand écran.

On observe donc ici la vie d'une tueuse à gage dont la particularité est d'avoir une température corporelle de 32°. Bref, froide, dénuée de toute émotion, et n'ayant aucun souvenir de son passé.
Adoptée pour ses capacités puis formée à son nouveau "métier", tout souvenir tangible de sa vie antérieure et tout contact avec l'extérieur lui est interdit. Jusqu'au jour où le petit vendeur de nouilles du coin de la rue éveille son intérêt...

Le film Hong Kongais dans toute sa splendeur, avec ses fulgurances et ses travers.
On a droit à tout ce que l'on peut adorer ou détester dans ce genre de film, dans le désordre : un méchant neuneu qui surjoue, des bastons sanglantes, une photo inégale tantôt superbe tantôt ultra cheap, une romance à l'eau de rose, de l'action too much et j'en passe.

Donc j'ai adoré :D Il est certes très inégal mais non dénué d'attrait notamment dans la relation tragicomique de la tueuse et de son vendeur de nouilles (l excellent Ching Wan Lau) traitée avec justesse. La psychologie de l'héroïne est parfaitement installée en très peu de temps et l'on a aucun mal à suivre son raisonnement torturé.

On notera également l'influence majeure de Johnnie To qui ira (en tant que producteur) jusqu'à ajouter certaines scènes majeures ultra violentes pour installer définitivement la froideur de la tueuse.
Au rang des influences s'installera également John Woo dont le réalisateur Patrick Leung fût réal de seconde équipe pour A toute Epreuve et The Killer.
Il en est forcément marqué dans son approche des scènes de flingue.


24 Mar 2008 12:20
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J'ai lu ton topic, me suis un peu renseigné sur le monsieur, et compte me faire certains de ses films prochainement (Mad Detective déjà, et Election 1 & 2 dont j'ai entendu que du bien).

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24 Mar 2008 13:09
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Je n'ai vu de lui que Running out of time, qui était passé sur arte il y a quelque temps.

Pas grand chose à en dire en fait : un polar banal, un de plus. Pas mauvais mais rien d'exceptionnel (malgré un pitch de départ intéressant).


24 Mar 2008 13:13
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Tiens j'y pense, "Breaking News" c'est bien de lui?
J'étais allé le voir au cinéma celui là, plutôt sympa.

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24 Mar 2008 13:44
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oui c'est de lui, il fait parti des "bons films mais sans plus" de Johnnie To, avec Fulltime killer par exemple qui était assez fun.

Le plan séquence de l'intro vaut son pesant de cacahuètes et le reste suit bien.

En ce qui concerne Election 1 & 2, la cinémathèque les passe justement à la suite le 5 avril je crois. Je pense que ça peut valoir le détour !


24 Mar 2008 13:49
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et ça continue avec...

THE LONGEST NITE

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Exit les bluettes musclées rigolotes et place au polar pur et dur. On est ici à nouveau face à une prod johnnie To et non pas une réalisation puisqu'on trouve aux commandes un quasi débutant.

Le point fort du film est sans conteste son scénario à tiroirs qui n'est pas sans rapeller Usual Suspects.

Chaque scène voit un personnage déplacer son pion et l'on tente peu à peu de remettre ces foutus pièces de puzzle dans un ordre relativement cohérent.

J'ai oublié de parler du pitch ce qui est tout de meme important si vous pouviez avoir une chance ne serait ce qu'infime de tomber sur ce métrage.

Deux parrains, MrK et Mr LUNG se livrent une guerre sans merci pour le contrôle total des activités illégales à Macau. Cette situation déplaît au Boss suprême, Mr Hung, un être mystérieux qui ne vit plus à Macau depuis des années mais qui semble tout voir et tout savoir. Cette ombre est suffisamment inquiétante aux yeux de K et Lung pour qu'ils décident de conclure un traité les mettant à l'abri des foudres de l'énigmatique démiurge. L'accord, qui doit se conclure dès le retour de Lung à Macau, se voit soudainement mis en péril par une rumeur persistante comme quoi K aurait mis un contrat sur la tête de Lung. K s'en défend, Lung n'y est peut-être pas étranger...Mais la voix qui nous expose les faits n'omet pas d'émettre l'hypothèse d'une machination ourdie dans l'ombre par un Mr hung soucieux de faire valoir son omnipotence.


Complexe, oui, c'est bien le cas. Il est surtout indispensable de ne pas louper les premières minutes sans quoi vous seriez largué jusqu'à la fin.
Vous pourrez donc me remercier pour le mini résumé ci dessus qui ne fait que survoler les dix premières minutes mais vous permettra d'aller aux toilettes pendant le générique.

Bref, j'ai bien aimé, mais j'ai de grosses réserves quant à certains aspects un poil trop grossiers pour pouvoir passer inaperçus.
Certains gunfights trop clichés (3000 coups à la minute sans blesser personne), des méchants (cela dit il n'y a pas vraiment de "gentils" à proprement parler, une force du film) extrêmement poseurs, des musiques absolument ridicules qui désamorcent souvent l'impact de certaines scènes... Dommage pour un scénar très malin et peu commun dans le milieu HK.
Amateurs de twists, ce film est pour vous !

Dispo chez HK video il me semble.

A venir, l'excellentissime Throw Down (Judo), hommage au classique de Kurosawa par Johnnie To.


31 Mar 2008 23:25
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Je me suis enfin décidé à mater The Longest Nite.

Citation:
on trouve aux commandes un quasi débutant.


Juste pour dire que Patrick Yau n'est pas si bleu-bite que ça (4 films, dont le sympatoche The Odd One Dies).


C'est quoi, ce bordel avec Longest ? Tout ça pour ça ? Ce machin saturé d'effets de mise en scène (on va être gentil, on va dire que c'est léché... J'avais pas vu un film aussi poseur depuis Ballistic Kiss) et pompé à 2-3 éléments près sur Heat ?

Alors oui, ça flatte l'oeil, plein de jolis plans, une belle photo et une ambiance crépusculaire. Yau a mis le paquet sur la forme, mais le reste suit pas.
On touche le fond avec la prestation de Lau Ching-Wan, RIDICULE en gros méchant tatoué (de toutes façons, ce mec ne sait pas jouer, faut arrêter de lui donner des rôles). Tony Leung s'en sort bien dans son rôle de gros enculé sadique, mais il sauve pas le film à lui tout seul.
Des twists ? Y en a. Mais tu les grilles tous 15 minutes à l'avance. Et accessoirement, la fin est rapidement dévoilée. Vous avez dit pétard mouillé ?
Le final ? Mouhaha. Du Operation Dragon sans le côté kitsch. Faut vraiment pas avoir d'idées.

J'ai vraiment eu l'impression de me faire enfler. Et j'aime pas ça.


Citation:
Dispo chez HK video il me semble


C'est même certain (t'as quand même posté la jaquette du DVD HK Video :D ).


04 Avr 2008 13:57
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ouai mais j'ai posté la jaquette après avoir écrit, la flemme quoi :D

Sur que c'est pas extraordinaire, voire très moyen, mais je me suis laissé prendre au scénar. Bien que complètement loufoque lol


Sinon à l'époque, Longest nite etait son second film, c'est pour cela que je parle de quasi débutant ! Et odd one dies ça vaut le coup d oeil? Il passe dans la rétrospective, je l'avais mis de côté mais longest nite m'a un peu refroidi.

Pour finir, heat s'est largement inspiré du ciné HK, ce n'est donc qu'un juste retour des choses ;)

Enfin bon, Longest nite reste largement surestimé (souvent cité en référence on croit rêver).


04 Avr 2008 14:25
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The Odd One Dies est un bon film. Rien de chef-d'oeuvresque, mais ça tient debout. Ca reste un polar de la MilkyWay, mais sans le côté poseur.

Pour résumer vite fait, c'est l'histoire d'un gangster loser qui passe son temps à se mettre presque volontairement dans la merde (c'en est fascinant), à tel point qu'il se retrouve obligé d'embaucher quelqu'un pour exécuter un contrat à sa place.
Et ce quelqu'un, c'est une nana. Presque son double. C'est carrément lui en fille.

Et après, ça part en vrille.

Il y a quelques petites surprises au niveau scénario (rien d'extraordinaire, mais c'est toujours ça). A condition d'adhérer aux personnages dès le départ (ils sont un peu barrés), ça passe tout seul.

Citation:
Pour finir, heat s'est largement inspiré du ciné HK, ce n'est donc qu'un juste retour des choses


Pas faux. Mais il y a une marge entre s'inspirer et faire de la repompe pure et simple.


04 Avr 2008 14:54
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J'ai vu Triangle.

Je suis un peu déçu par le manque de cohérence du bouzin.

C'est clairement le segment de Hark que j'ai préféré. A lui de présenter l'histoire et les personnages, et il s'en sort bien.
Il apporte clairement sa patte : ce côté nerveux, frénétique, voire bordélique (ça pue le Time and Tide à des kilomètres). C'en est même un peu difficile à suivre par moments, comme si Hark sciait la branche de ses collègues : Qu'est-ce qu'ils vont bien pouvoir pondre après un démarrage en trombe comme celui-là ?
Et forcément, GROSSE baisse de rythme avec le segment de Ringo Lam, et également grosse rupture de ton (dans les 2 cas, cf. la scène du parking). Lam s'attache plus aux personnages qu'à l'action, ça permet de souffler, mais la cassure entre les 2 segments est trop abrupte.
Le segment de To m'a fait penser à un mélange des 2 précédents : on fout un peu d'action pour stimuler le spectateur, mais on reste le pied sur le frein (lors de la fusillade dans l'herbe, on s'attend à ce que ça défouraille à mort, ben non, c'est plutôt "posé", ils prennent leur temps).

Pris individuellement, les 3 segments sont bons. Mais foutus ensemble, ça passe pas trop.
Les transitions sont tellement brutales que les personnages en prennent un coup dans le cul, ils sont plus taillés à la hache que vraiment développés. Certains changent même de "statut" d'une partie à l'autre pour justifier les délires des 3 réals. C'est con. Les acteurs s'en sortent bien, mais ils sont pas aidés avec des incohérences pareilles.

Ca se laisse regarder. On s'ennuie pas. Mais ça tient plus du délire entre potes qu'autre chose. Un OVNI, effectivement.

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08 Avr 2008 21:02
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C'est une sorte de monstre filmique, mais pour qui est un minimum sensible à l'expérimentation, et accepte de se laisser embarquer, au final c'est assez agréable.

Ni un vrai To, ni un Hark, ni un Lam. C'est "autre".

Mon plus gros souvenir reste le jeu de la frustration, l'attente du fight final...

Bon, il me reste à parler de 3 films : Throw Down, Filatures et A hero never dies...


09 Avr 2008 10:20
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Throw Down donc...

la bande annonce : http://youtube.com/watch?v=xHR4u6ZHbhk

C'est désormais un fait avéré, la caractéristique majeure de Johnnie To est sa propension a filmer l'action de façon statique.
Un contre pied plutôt bien vu qui lui permet d'emblée de se démarquer de l'ombre indissociablement liée au ciné HK, John Woo.

On parle à mon gout un peu vite de révolution, il n'en reste pas moins un éclair de lucidité au sein de productions phagocytées par une poignée de chef d'oeuvres des 80's/90's planant à des millénaires de tout ce qu'on pu tenter les vils imitateurs de Lam/Woo/Hark.
Johnnie To joue donc avec les codes, il s'amuse même à un pur jeu de massacres explosant de façon plus ou moins heureuse les conventions.

C'est d'autant plus net dans ses prods des années 2000 où l'action pure et les flingues n'ont plus l'exclusivité.
Visiblement inspiré par Wong kar wai, il pourlèche ses bobines de quelques traits d'esthetisme de plus en plus prononcés, ce qui est loin d'être déplaisant.
Il puise dans les racines de ses plus grands maîtres, du coté des policiers français (ouai vous vous souvenez, y a eu une époque où la france pondait des films de genre) ou japonais.

Throw down est donc le plus pur exemple de la volonté d'un réalisateur d'aller par quelques habiles choix artistiques à l'encontre des attentes de son public. Il ne les prend pas dans le sens du poil et qui pourrait s'en plaindre.

Parlons plutot du film. Dans throw down, les éléments s'introduisent dans le plus grand classicisme possible. On assiste donc à la rencontre plus ou moins fortuite de trois destinées. Un jeune judoka tête brulé qui ne vit naïvement que dans l'espoir de défier les plus grands. Une sorte de San Goku chinois sans kamehameha si vous préférez.
On assiste avec jubilation à ses confrontations avec le premier videur venu, simplement parce que celui ci fait le triple de lui dans tous les sens.
Mine de rien, avec un peu d'humour, To pose les bases de ses personnages très rapidement. Le judoka, la jeune chanteuse ratée, l'ex gloire du judo devenue petite frappe.

On le sait dès le départ, To rend hommage à Kurosawa et son chef d oeuvre fondamental, la Légende du Grand Judo.
Si vous avez bouffé du film de kung fu avec la séance d'apprentissage, la rédemption, le tournoi, le héros qui a des flashbacks qui le rendent plus fort pour gagner avant le générique, c'est grâce à Kurosawa, il faut le savoir.
Je le soupçonne tout de même d'un prétexte au traitement d'un sport qui convient complètement à son style, le judo. Beaucoup moins démonstratif que le kung fu, il lui permet d'exprimer pleinement son concept de mouvement "immobile", de poser sa caméra et de nous montrer 15 mecs se foutrent sur la gueule avec le sourire (plutot 16 en fait, ça fonctionne par deux ce sport à la con). Et malgré tout ça reste hyper impressionant.

Tout en gardant une trame classique et cet hommage en tête, on sent que le réalisateur veut nous parler d'autre chose. Et ces choses sont simples, la poursuite du bonheur, l'accomplissement de soi, la réalisation des rêves. Simple et efficace, le film donne sacrément la banane et se paye le luxe de nous surprendre dans le traitement des personnages plus profonds qu'on nous le laisse entrevoir de prime abord.

Petite merveille de réalisation, avec sa photographie sublime, ses thèmes universels, et son sport de combat original, Throw Down est un Johnnie To qui ne ressemble à aucun autre. Mais c'est probablement pour ça que le film se hisse parmi ce qu'il a pondu de meilleur.


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10 Avr 2008 0:12
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Citation:
To rend hommage à Kurosawa


C'est le moins qu'on puisse dire. Rien que le combat sur la plaine, c'est Sugata Sanshiro.
Dans la façon de présenter les personnages aussi, ça pue le Kurosawa. Des gens mystérieux, qui intériorisent, qui parlent pas des masses, présentés à travers des petits détails.
D'ailleurs, je trouve que c'est dans ces moments-là que To se chie un peu dessus. Trop de suggestions et de sous-entendus, pas assez de véritables explications (notamment sur le personnage de Louis Koo). Bref, il y a un côté "coquille vide" chez les personnages qui m'emmerde un peu, et Kurosawa n'avait pas ce défaut.

C'est con parce que niveau mise en scène, ça roule, et pour le casting aussi (j'avais pas mal de craintes, vu qu'en temps normal, je chie sur ce minet à mèche d'Aaron Kwok).

Citation:
On sent que le réalisateur veut nous parler d'autre chose. Et ces choses sont simples, la poursuite du bonheur, l'accomplissement de soi, la réalisation des rêves


C'est un peu ce qui m'a gêné, en fait. Il nous répète sur tous les tons "Tu vois, mec, la vie est un combat, mec, j'veux dire" mais ça va jamais plus loin. Je suis pas rentré dedans, j'ai suivi leurs tranches de vie sans trop m'impliquer.

Et je trouve assez marrant de voir que sur les 3 personnages, c'est le seul à ne pas pratiquer le judo qui foire ses ambitions... le judo permet aux 2 autres de sortir de la déprime (Koo), d'atteindre leur but (Kwok), et la fille se plante.
Si ça, c'est pas un putain de clin d'oeil aux films d'arts martiaux des années 70, je me la coupe.

Bref, c'est pas mal du tout, mais To est pas à la hauteur de son modèle.

Ce soir, je vais mater Flash Point, histoire de me mettre le cerveau sur Off.

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10 Mai 2008 17:40
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Behemoth a écrit:
Lam/Woo/Hark.


Je rebondis la dessus (et j'ai pas envie de créer de nouveau un enième topic ciné, autant parler des films asiat ici).

J'ai vu une petite poignée de film de Tsui hark, et faut vraiment qu'on m'explique en quoi il est un grand réalisateur!
J'ai vu la légende de Zu (passer sur la tnt y'a pas longtemps) : nul à chier! Un nanard en puissance, gerbant. J'ai vu aussi ses 2 films avec JCVD, sans commentaires :roll: , il etait une fois en chine 3 ne m'avait pas non plus marqué. Récement j'ai également vu The Blade, très excité de voir ce remake du One-Armed swordman (LE film de sabre) qui a parait-il une excellente réputation. Le film n'est effectivement pas mauvais mais j'ai été déçu. Il n'égale pas la trilogie du Sabreur manchot de Chang Che, loin de là même. C'est clair qu'il a une façon de filmer très moderne, des angles de caméra assez fou, et des combats très rapides, trop. Je le soupconne d'ailleurs d'être le précursseur de tous ces films fantastique récent où l'action est beaucoup trop rapide et fouilli, on n'y comprend plus rien. Bref, il cherche à être virtuose, et c'est effectivement impressionnant, mais c'est surtout too much. Il me fait penser en musique aux shreddeurs à la mike varney qui chient des albums instru techniquement très impressionnant mais sans intérêt.
Bref voilà, je reconnais évidemment à Tsui Hark une façon de filmer particulière et certainement en avance sur son temp, mais ça ne rend pas pour autant ses films bons. Je n'ai peut-être pas vu les bons films cela dit (mais The Blade est censé être un de ses classiques).

Alors que pour John Woo, j'ai tout de suite compris pourquoi il est une référence en regardant les géniaux A better tomorow et Hard Boiled.

Bref Tsui Hark est vraiment suréstimé je pense. J'ai parcouru certains sites, et ça me fait vraiment marrer tout ces otaku qui s'extasient sur Legend of Zu et qui chient sur le cinéma US. Les blaireaux.

Bon sinon, en ce moment je me matte plein de films de sabre ou de kung fu de hongkong des 60's/70's. C'est fou le nombre de très bon films qu'il y a, notamment ceux issus des studios Shaw Brothers. J'ai été trés étonné par la très grande violence sanguinolente de ces films, et par les scènes d'actions vraiment bien filmés. Je kiff certains acteurs (Jimmy Wang Yu, Ti Lung, David Chiang...), les films du réalisateur Chang Che (qui est le maître de John Woo)..Un cinema qui répond à des codes, très balisés, mais jouissifs pour ses chorégraphies, sa violence, son entertainment, ses "tronches", etc...


12 Mai 2008 18:48
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Effectivement a part the blade (que j avais bien aimé à l'époque mais j'en ai un souvenir lointain) t'as pas tapé au bon endroit :D

Pour moi le chef d'oeuvre de Tsui Hark c'est Time and Tide. Une sacrée déflagration en pleine gueule lorsque je l'ai vu au ciné.

Evidemment y a le coté "tourbillonant" de Hark mais c'est tout de même bien maitrisé.

La séquelle de Zu est à chier, le premier est bien meilleur, mais faut apprécier la fantasy chinoise avec cables à hautes doses :)

Once upon a time in China 1 et 2 sont incontestablement les meilleurs de la série.

J'ai également vu le festin chinois qui est un bon divertissement. Il y applique les codes du film de kung fu à la cuisine !!! (tournoi, apprentissage , realisation etc etc)

J'ai Seven Swords en attente qui parait il vaut son pesant de cacahuètes.

Mais bon, faut avouer qu'il a tourné pas mal de bouses, les JCVD, legend of zu ou black mask 2 en tête.

Bref, un réalisateur qui a du mal a freiner ses ardeurs, capable du pire comme du meilleur.


12 Mai 2008 19:16
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Dans The Blade, Hark remet en cause pas mal de codes du film de sabre. C'est en ça que le film est marquant. Il expose vraiment une vision du genre.

Niveau combat, c'est effectivement chaotique, plus proche du reportage filmé caméra à l'épaule que de la démonstration martiale. Volontairement brouillon, pas filmé nettement, cradingue. C'est pas chorégraphié au sens classique du terme. C'est pas "joli".
Il cherche à faire ressentir l'action plutôt que de laisser le spectateur la contempler.
Ca va de paire avec l'ambiance du film. C'est malsain, tendu, hystérique, une succession de massacres, de crises de nerfs, de viols. C'est pas tant un récit qu'une accumulation de "pulsions". Et les héros ne sont pas mis sur un piédestal. Il sont aussi psychotiques que les autres (le pote du héros viole une gonzesse, comme le feraient les brigands). On pourrait presque dire qu'il n'y a pas de héros dans le film. Que des enculés.
Hark prend le contre-pied de Chang Cheh et ses gentils gars chevaleresques. Pas question de code d'honneur, de gentils et de méchants.
Et là où les films de Chang Cheh étaient des films "d'hommes" bourrés de sous-entendus équivoques, dans le film de Hark, la femme est présente au centre de tout. Elle est la narratrice, fait le lien entre le film et le spectateur. Tout le récit passe par elle. C'est elle le véritable moteur de l'action, plus que le thème de la vengeance.



Citation:
J'ai parcouru certains sites, et ça me fait vraiment marrer tout ces otaku qui s'extasient sur Legend of Zu et qui chient sur le cinéma US. Les blaireaux.


Je vois qu'on a été sur les mêmes sites... :D
En ce qui me concerne, j'ai lâché l'affaire. Les mecs sont vraiment trop obtus. Dès que tu touches à Tsui Hark, John Woo, Johnnie To ou Ringo Lam, tu t'en prends plein la gueule. On peut pas discuter.


Citation:
J'ai Seven Swords en attente qui parait il vaut son pesant de cacahuètes


Il m'a vachement déçu. Une coquille vide. De belles images sans rien derrière. Un album photos. Et par pitié, qu'on arrête de filer des rôles à Donnie Yen. En dehors des scènes d'action, ce mec est un des pires acteurs que j'ai jamais vu. Incapable d'exprimer la moindre émotion.

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"J'aime bien ce groupe parce que les solos sont instrumentaux. Et j'adore la voix du chant." (un chroniqueur)


Dernière édition par Odin le 13 Mai 2008 0:04, édité 2 fois.



12 Mai 2008 19:49
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Odin a écrit:
Dans The Blade, Hark remet en cause pas mal de codes du film de sabre. C'est en ça que le film est marquant. Il expose vraiment une vision du genre.

Niveau combat, c'est effectivement chaotique, plus proche du reportage filmé caméra à l'épaule que de la démonstration martiale. Volontairement brouillon, pas filmé nettement, cradingue. C'est pas chorégraphié au sens classique du terme. C'est pas "joli".
Il cherche à faire ressentir l'action plutôt que de laisser le spectateur la contempler.
Ca va de paire avec l'ambiance du film. C'est malsain, tendu, hystérique, une succession de massacres, de crises de nerfs, de viols. C'est pas tant un récit qu'une accumulation de "pulsions". Et les héros ne sont pas mis sur un piédestal. Il sont presque aussi psychotiques que les autres (le pote du héros viole une gonzesse, comme le feraient les brigands). On pourrait presque dire qu'il n'y a pas de héros dans le film.
Hark prend le contre-pied de Chang Cheh et ses gentils gars chevaleresques. Pas question de code d'honneur, de gentils et de méchants.
Et là où les films de Chang Cheh étaient des films "d'hommes" bourrés de sous-entendus équivoques, dans le film de Hark, la femme est présente au centre de tout. Elle est la narratrice, fait le lien entre le film et le spectateur. Tout le récit passe par elle. C'est elle le véritable moteur de l'action, plus que le thème de la vengeance.


Oui complètement d'accord avec ça. C'est aussi pour ça que je n'ai que moyennement apprécier ce film. Hark essaye de donner un certaine consistance à ses personnages, Chang Cheh ne s'embarassait pas de tout ça : il ressassait souvent les mêmes personnages qui mettaient effectivement en exergue l'honneur, l'esprit chevaleresque et l'obstination de la vengeance. Le reste était sans importance pour lui, on ne connaissait souvent rien du passé de ses héros, ils débarquaient comme ça de nul part, comme Clint Eastwood dans ses westerns. Les romances sont d'ailleurs souvent réduite à peau de chagrin, voir complètement absente, le plus important c'est les actes héroïque. Hark lui, raconte le passé de son héros, lui donne une certaine profondeur. Mais voilà, c'est là où j'ai trouvé qu'il a plutôt échoué : impossible de m'attacher à ses personnages, la fille qui est la narratrice, je n'ai pas pu l'encaisser une seule seconde.
Et pour les scènes d'actions, ça me gonfle vraiment. En terme de comparaison, j'ai trouvé le final de La Rage du Tigre, quand le manchot est sur le pont, extermine une centaine d'adversaire à lui seul, bien plus forte visuellement, et donc bien plus spectaculaire que le duel final de The Blade.

Enfin bon, ce sont deux façon de faire différente. Vu que j'ai toujours aimé les histoires de preux chevaliers, de justicier solitaire, je préfère nettement les wu xia pian classique.

En tout cas, je jetterai un oeil sur les films conseillés par behe.


12 Mai 2008 20:42
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